
The following story is from Ambajugo Kassogue, a grandfather whose family receives support through The Tandana Foundation’s displaced students’ program.
Fuir la violence, retrouver confiance et espoir

L’histoire suivante est celle d’Ambajugo Kassogue, un grand-père dont la famille reçoit un soutien du programme pour étudiants déplacés de la Fondation Tandana.
J’avais 3 greniers de mil, d’oignons et d’oseilles en réserve, j’en avait une tonne ; mais de tout cela je n’ai rien pu prendre. A chaque passage ils nous menaçaient, ils nous disaient : « Gare à vous de nous dénoncer », car souvent il y avait comme ça des gens qui appelaient l’armée.
Ils nous ont menacé comme ça pendant 6 mois. Une fois, ils sont allés attaquer un village devant nous et maintenant un groupe d’auto-défense est venu leur attaquer ; pour eux, c’est nous qui les avions avertis. Le groupe d’auto-défense a attaqué les jihadistes. Les jihadistes ont pensé que c’était nous, cependant c’étaient eux qui nous menaçaient et encore le lendemain ils sont venus nous encercler. Ils voulaient tuer les hommes et c’est de là qu’on a pris peur et on s’est enfuit en brousse. Après qu’on ait informé les parents, ils se sont organisés pour évacuer les femmes et les enfants. Quand il y a un affrontement entre les groupes d’auto-défense et les jihadistes, c’est la panique totale au village ; d’abord ils épargnent les femmes et les enfants et les hommes restent en brousse jusqu’à un moment de calme. C’est comme ça on s’est débrouillé à rejoindre Bandiagara. Des gens ont perdu la vie. Nous étions déjà avertis, quand il y a eu l’attaque nous étions préparés à la fuite. Certains voulaient fuir et d’autres disaient : « non il faut attendre », donc entre nous-mêmes on discutait. Il y’avait certains qui étaient prêts à nous éliminer d’autres disaient : « non, non il faut attendre d’abord ». C’est comme ça j’ai pu m’échapper avec un groupe. Je n’ai pu rien prendre car il fallait partir rapidement. Au départ, nos 2 villages cohabitaient ensemble en parfaite harmonie, chacun participait aux cérémonies de l’autre (baptêmes, mariages etc.…). Depuis que le conflit a commencé j’ai vu dans le village les hommes armés qui venaient dans le village en face de nous. Nous ne voulions pas les dénoncer de peur qu’ils nous tuent. Cela a duré 6 mois. Pendant ces 6 mois, nous étions vraiment terrorisés. Ils étaient très bien armés, je voyais leurs mouvements mais nous ne pouvions rien dire au risque de (les voir) venir arroser (de balles) tout le village. Les 2 villages avaient fait des serments car il n´y avait jamais eu de problèmes avant. Alors ils ont scellé un pacte, un serment et ont délégué quelques notables, c’est les chefs de village, donc ils ont payé des colas, des dattes et ont essayé de diviser pour jurer en disant ; »si jamais moi je te fais du tort que Dieu me tue ! ». Après tout a changé, même les serments qu’ils ont tenus, ils n’ont pas respecté. C’est l’attaque du groupe d’auto-défense qui a tout changé. Ce sont les gens de ce village qui les hébergeaient, et quand l’autre groupe a appris cela ils sont venus attaquer le village.

Pour étendre les traumatismes des gens qui ont fui pour aller à Bandiagara, a un moment la population de Dugombo n’a pas voulu nous accueillir car ils pensaient qu’on nous considérerait comme alliés des groupes armés, nous étions rejetés et même interdits de rentrer à Bandiagara puisque nous avions collaboré avec des jihadistes, selon eux. J’étais dans une situation insupportable. D’un autre côté, il y’avait la pression avec les parents qui avaient des réserves. Le traumatisme était tellement grand. J’ai beaucoup souffert avec les autres déplacés. Tout le monde est venu chez le maire à Bandiagara et ce dernier a donné des orientations (logements, nourritures, vêtements…). Nous avions fait trois jours grâce à la générosité de la population de Bandiagara. Le maire a distribué (50 ou 25 kilos de riz avec une marmite et quelques tasses). Après la 1ère étape, le maire de la commune a recensé tous les couples, tous les foyers et a interpellé plusieurs partenaires pour nous appuyer. Avec le temps, certaines femmes ramassaient du gravier pour revendre et d’autres coupaient du bois destiné à la vente.

Je me faisais toujours représenter par mon enfant pendant les donations. Les donateurs s’intéressaient plus aux femmes et aux enfants jusqu’au jour où mon enfant est revenu de l’école pour me dire qu’il y’a un projet qui demande de venir avec son père et sa mère. C’est comme ça que je suis allé à la rencontre. Il y’avait les 75 élèves présents. C’est à partir de cette rencontre que j’ai appris le nom de la fondation Tandana, c’était l’année dernière. Cette année lorsque les animateurs de la fondation étaient venus, leur manière de parler, de travailler, et de sélectionner les gens m’ont mis en confiance et m’a donné espoir. Mon enfant avait été retenu et a reçu tous les cadeaux (les kits scolaires, le riz, l’huile, le savon). L’année dernière je n’avais pas reçu, mais j’avais espoir parce que la fondation a des priorités (les femmes veuves, les orphelins…). Il y’a aussi d’autres fondations comme la fondation Tandana qui ont tous des critères de sélection pour les bénéficiaires ; chacune d’elle a un programme d’appui, c’est vraiment l’amitié internationale. Les appuis sont vraiment pour les nécessiteux. L’enfant doit bien travailler à l’école et les parents doivent faire un bon suivi des enfants à la maison. Avant la fondation, mon enfant partait à l’école sans manger même le petit déjeuner, il a toujours marché à pied pour aller à l’école, ni de bon sac, les cahiers manquants et des chaussures collés. Il a 11 ans et il est en 3ème. Avec la donation de la fondation il a tous les effets scolaires au complet et aussi de la nourriture à sa faim. Ces gestes de la fondation m’ont soulagé et ont aussi amélioré nos conditions de vie. Mon petit fils a beaucoup aimé les études même avec ou sans moyen de ses parents. Il a l’amour des études. Le jour de la remise, j’étais débordé de joie et, au nom des bénéficiaires c’est moi qui ai pris la parole pour remercier les donateurs et j’ai beaucoup fait de bénédictions pour eux. Mon petit-fils Elie souhaite devenir une grande personnalité du Mali il a le talent d’un avocat ou d’un juge.
Mon souhait est de retourner dans mon village, c’est pourquoi je fais toujours des bénédictions pour que la paix revienne dans tout le Mali et que je puisse me réinstaller dans mon village car aujourd’hui je ne vis pas de mon travail, plutôt du soutien de mes enfants. Je fais du gardiennage et aussi le maraîchage pour gagner mon prix de condiments. Mon courage et mes efforts étaient d’inscrire mon enfant à l’école et de bien le suivre. Tant qu’il y’a la peur il n’y a pas de paix. L’espoir réel c’est vraiment la paix dans tout le Mali. Bien avant il y avait des gens qui avaient fait de fausses promesses mais la fondation a respecté ses engagements et j’ai foi en la fondation Tandana.
English
Fleeing violence, finding confidence and hope

The following story is from Ambajugo Kassogue, a grandfather whose family receives support through The Tandana Foundation’s displaced students’ program.
I had three granaries of millet, onions, and hibiscus in reserve. I had a ton of each, but I couldn’t take anything of all that. Every time they went by, they threatened us, saying: “Watch out if you report us”, because often people would call the army when they saw those kinds of people.
They threatened us like that for six months. Once, they went to attack a village in front of us and then a self-defense group came to attack them; the jihadists thought it was us who alerted the self defense group. The self-defense group attacked the jihadists. The jihadists thought it was us, but it was they who were threatening us, and the next day they came to surround us. They wanted to kill the men and that’s when we got scared and fled into the bush. Once we’d informed our families, we got organized to evacuate the women and children. When there’s a clash between the self-defense groups and the jihadists, there’s total panic in the village. First they spare the women and children, and the men stay in the bush until it calms down. That’s how we managed to get to Bandiagara. People lost their lives. We had already been warned; when the attack came, we were prepared to flee. Some wanted to flee, others said “no, we have to wait”, so we talked amongst ourselves. Some of them were ready to eliminate us, others said: “No, no, we’ve got to wait first”. That’s how I managed to escape with a group. I couldn’t take anything because we had to leave quickly. Initially, our two villages lived together in perfect harmony, each taking part in the other’s ceremonies (baptisms, weddings etc….). Since the conflict began, I had seen armed men coming into the village across from ours. We didn’t want to report them for fear they would kill us. That lasted six months. During those six months, we were really terrorized. They were very well armed, I could see their movements, but we couldn’t say anything at the risk of (them) coming to spray (bullets) all over the village. Our two villages had shared an oath because there had never been any problems before. So, we sealed a pact, an oath, and delegated a few notables, the village chiefs, so they bought cola nuts and dates and shared them to make an oath, saying, “If I ever do you any harm, may God kill me!” Then everything changed, even the oaths they took, they didn’t respect. It was the attack by the self-defense group that changed everything. It was people in that village who were sheltering them [the jihadists], and when the other group found out about it, they came to attack the village.

To extend the traumas of the people who fled to Bandiagara, at one point the people of Dugombo didn’t want to welcome us because they thought we were considered allies of the armed groups. We were rejected and even forbidden to enter Bandiagara because we collaborated with the jihadists, according to them. I was in an impossible situation. On the other hand, there was the pressure of relatives who had reservations. The trauma was so great. I suffered a lot with the other displaced people. Everyone came to the mayor’s office in Bandiagara and he gave directions (housing, food, clothing…). We ate for three days thanks to the generosity of the people of Bandiagara. The mayor distributed 50 or 25 kilos of rice, along with a cooking pot and a few bowls. After the first stage, the mayor of the township counted all the couples, all the households and called on several partners to support us. Over time, some women collected gravel for resale, while others cut wood for sale.

I was always represented by my son or my grandson when donations were given. Donors were more interested in women and children, until one day my grandson came back from school to tell me that there was a project that required him to bring his parents. That’s how I went to the meeting. All 75 students were present. It was from this meeting that I learned the name of The Tandana Foundation last year. This year, when the foundation’s organizers came, their way of talking, working, and selecting people gave me confidence and hope. My grandson was selected and received all the gifts (school supplies, rice, oil, soap). Last year I didn’t receive any, but I was hopeful because the foundation has priorities (widowed women, orphans…). There are other foundations too, like The Tandana Foundation, all of which have selection criteria for beneficiaries. Each of them has a support program, it’s really international friendship. The support is really for those in need. The child has to do well at school, and the parents have to keep a close eye on their children at home. Before the foundation, my grandson went to school without even eating breakfast. He always walked to school, no good bag, missing notebooks and worn-out shoes. He’s 11 years old and in 3rd grade. Thanks to the foundation’s donation, he now has all his school supplies and enough food to satisfy his hunger. These gestures from the foundation have relieved me and improved our living conditions. My grandson has really enjoyed studying, even with or without his parents’ help. He loves studying. On the day of the presentation of supplies, I was overwhelmed with joy and, on behalf of the beneficiaries, it was I who took the floor to thank the donors and I made many blessings for them. My grandson Elie wants to become a great personality in Mali; he has the talent to become a lawyer or judge.

My wish is to return to my village, which is why I always make prayers for peace to return to all of Mali and for me to be able to resettle in my village, because today I don’t live from my work, but rather from the support of my children. I work as a watchman and also do market gardening to earn money for food. My courage and my efforts were to enroll my grandchild in school and to watch over his progress as well. As long as there is fear, there is no peace. The real hope is peace throughout Mali. Long ago, there were people who made false promises, but the foundation respected its commitments and I have faith in The Tandana Foundation.
Español
Huir de la violencia, encontrar confianza y esperanza

La siguiente historia es de Ambajugo Kassogue, un abuelo cuya familia recibe apoyo a través del programa de estudiantes desplazados de la Fundación Tandana.
Tenía tres graneros de mijo, cebollas e hibiscos en reserva. Tenía una tonelada de cada uno, pero no podía tomar nada de todo eso. Cada vez que pasaban, nos amenazaban, diciendo: “Tengan cuidado si nos denuncian”, porque a menudo la gente llamaba al ejército cuando veía ese tipo de personas.

Nos amenazaron así durante seis meses. Una vez, fueron a atacar un pueblo frente a nosotros y luego un grupo de autodefensa vino a atacarlos; los yihadistas pensaron que fuimos nosotros quienes alertamos al grupo de autodefensa. El grupo de autodefensa atacó a los yihadistas. Los yihadistas pensaron que fuimos nosotros, pero fueron ellos quienes nos amenazaron, y al día siguiente vinieron a rodearnos. Querían matar a los hombres y fue entonces cuando nos asustamos y huimos al bosque. Una vez que informamos a nuestras familias, nos organizamos para evacuar a las mujeres y los niños. Cuando hay un enfrentamiento entre los grupos de autodefensa y los yihadistas, el pánico es total en el pueblo. Primero perdonan a las mujeres y los niños, y los hombres se quedan en el bosque hasta que se calma la situación. Así fue como logramos llegar a Bandiagara. Hubo personas que perdieron la vida. Ya habíamos sido advertidos; cuando llegó el ataque, estábamos preparados para huir. Algunos querían huir, otros decían “no, tenemos que esperar”, así que hablamos entre nosotros. Algunos estaban dispuestos a eliminarnos, otros decían: “No, no, primero tenemos que esperar”. Así fue como logré escapar con un grupo. No pude llevarme nada porque teníamos que irnos rápidamente. Al principio, nuestras dos comunidades vivían juntos en perfecta armonía, cada uno participaba en las ceremonias del otro (bautismos, bodas, etc.). Desde que comenzó el conflicto, había visto hombres armados entrar en la comunidad al frente de la nuestra. No queríamos denunciarlos por miedo a que nos mataran. Eso duró seis meses. Durante esos seis meses, estuvimos realmente aterrorizados. Estaban muy bien armados, podía ver sus movimientos, pero no podíamos decir nada por el riesgo de que vinieran a disparar balas por todo el pueblo. Nuestras dos comunidades habían compartido un juramento porque nunca antes había habido problemas. Entonces sellamos un pacto, un juramento, y delegamos a algunos notables, los jefes de las comunidades, para que compraran nueces de cola y dátiles y los compartieran para hacer un juramento, diciendo: “Si alguna vez te hago daño, ¡que Dios me mate!”. Luego todo cambió, incluso los juramentos que hacían, no los respetaban. Fue el ataque del grupo de autodefensa lo que lo cambió todo. Fue la gente de esa comunidad la que los estaba protegiendo [a los yihadistas], y cuando el otro grupo se enteró, vino a atacar la comunidad.
Para ampliar los traumas de las personas que huyeron a Bandiagara, en un momento dado, los habitantes de Dugombo no nos querían acoger porque pensaban que éramos considerados aliados de los grupos armados. Nos rechazaron e incluso nos prohibieron entrar en Bandiagara porque, según ellos, colaborábamos con los yihadistas. Yo estaba en una situación imposible. Por otro lado, estaba la presión de los familiares que tenían reservas. El trauma fue muy grande. Sufrí mucho con los demás desplazados. Todos vinieron a la alcaldía de Bandiagara y él nos dio instrucciones (alojamiento, comida, ropa…). Comimos durante tres días gracias a la generosidad de la gente de Bandiagara. El alcalde distribuyó 50 o 25 kilos de arroz, junto con una olla y algunas tazas. Después de la primera etapa, el alcalde del municipio contó todas las parejas, todos los hogares y llamó a varios socios para que nos apoyaran. Con el tiempo, algunas mujeres recogieron grava para revender, mientras que otras cortaron madera para vender.
Siempre me representaba mi hijo o mi nieto cuando se hacían donaciones. Los donantes se interesaban más por las mujeres y los niños, hasta que un día mi nieto volvió de la escuela y me dijo que había un proyecto que requería que trajera a sus padres. Así fue como fui a la reunión. Estuvieron presentes los 75 estudiantes. Fue en esta reunión donde el año pasado supe el nombre de la Fundación Tandana. Este año, cuando vinieron los organizadores de la fundación, su forma de hablar, trabajar y seleccionar a las personas me dio confianza y esperanza. Mi nieto fue seleccionado y recibió todos los regalos (útiles escolares, arroz, aceite, jabón). El año pasado no recibí nada, pero tenía esperanza porque la fundación tiene prioridades (mujeres viudas, huérfanos…). También hay otras fundaciones, como la Fundación Tandana, que tienen criterios de selección de beneficiarios. Cada una de ellas tiene un programa de apoyo, es realmente una amistad internacional. El apoyo es realmente para los necesitados. El niño tiene que tener un buen rendimiento en la escuela y los padres tienen que vigilar de cerca a sus hijos en casa. Antes de la fundación, mi nieto iba a la escuela sin desayunar. Siempre iba andando, sin mochila, sin cuadernos y con zapatos gastados. Tiene 11 años y está en 3º de primaria. Gracias a la donación de la fundación, ahora tiene todo el material escolar y comida suficiente para saciar su hambre. Estos gestos de la fundación me han aliviado y han mejorado nuestras condiciones de vida. Mi nieto ha disfrutado mucho estudiando, incluso con o sin la ayuda de sus padres. Le encanta estudiar. El día de la presentación, me sentí muy feliz y, en nombre de los beneficiarios, tomé la palabra para agradecer a los donantes y les di muchas bendiciones. Mi nieto Elie quiere convertirse en una gran personalidad en Mali; tiene talento para ser abogado o juez.
Mi deseo es volver a mi comunidad, por eso siempre rezo para que la paz vuelva a todo Mali y para poder instalarme en mi comunidad, porque hoy no vivo de mi trabajo, sino del apoyo de mis hijos. Trabajo como vigilante y también me dedico a la horticultura para ganar dinero para la comida. Mi valor y mis esfuerzos se centraron en matricular a mi nieto en la escuela y en vigilar su progreso. Mientras haya miedo, no habrá paz. La verdadera esperanza es la paz en todo Mali. Hace mucho tiempo, hubo gente que hizo falsas promesas, pero la fundación cumplió sus compromisos y tengo fe en la Fundación Tandana.
